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Enceinte en freelance : bonne nouvelle ?

enceinte en freelance

Vous attendez un bébé ? Félicitations !! Quel que soit le statut sous lequel vous exercez votre métier, c’est une merveilleuse nouvelle. Vous allez vivre la plus banale, mais aussi la plus incroyable des aventures : la maternité ! Sachez une chose, si petit soit-il, votre bébé provoque déjà de grands chamboulements. On ne vous parle pas ici des fatigues, changements d’humeurs et nausées, mais plutôt de l’impact de ce petit être sur votre activité. Protection pendant la grossesse, congé maternité, arrivée du bébé et reprise de votre activitéEnceinte en freelance, tout n’est pas gagné. Rassurez-vous, neuf mois c’est bien suffisant pour anticiper !

 

Droits des femmes enceintes en freelance : des petits pas…

Il aura fallu longtemps crier dans le désert avant d’être entendues ! Au même titre que les salariées, les travailleuses indépendantes doivent pouvoir prétendre à un véritable congé maternité. Pourtant, nous sommes encore loin du compte. Avec près de 3 millions d’indépendants en France (soit 12% de la population active), 930 000 freelances, dont 46% de femmes, cette population commence seulement à être prise en compte dans le débat public.

 

Les mutations du travail et la féminisation du freelancing ont finalement conduit le gouvernement à se saisir d’une partie de leur protection sociale : le congé maternité. Petit à petit, le statut des femmes freelances s’améliore. Ainsi, depuis le 1er janvier 2019, la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) a augmenté la durée du congé maternité des travailleuses indépendantes. Autrefois limité à un maximum de 6 semaines, la durée du congé maternité des freelances s’est alignée sur le congé des femmes salariées, soit un maximum de 16 semaines. Une petite victoire bien méritée ! Mais il reste encore de nombreuses inégalités entre les femmes enceintes salariées et indépendantes…On fait le point !

 

Congé maternité en freelance : à quoi m’attendre ?

Certes, la durée du congé maternité des femmes freelances est aujourd’hui équivalente à celui des femmes salariées. Il vous est donc possible de vous arrêter pour une durée minimum de 8 semaines et maximum de 16 semaines. Cette durée doit être divisée en deux temps : avant et après votre date présumée d’accouchement.

Pour faire simple, vous devez partir en congé maternité au minimum 2 semaines (14 jours) et au maximum 6 semaines (42 jours) avant la date présumée de l’accouchement. Une fois le bébé arrivé, il n’est pas question de courir au bureau aussitôt. Vous allez avoir besoin de repos. Heureusement, votre congé maternité se poursuit au minimum 6 semaines (42 jours) et au maximum 10 semaines (70 jours) après la date présumée de l’accouchement.

 

Du côté de la durée du congé maternité, il faut donc noter un réel progrès. Mais, lorsque l’on se penche sur la question des indemnités, c’est une autre histoire… Alors que les femmes salariées perçoivent tout au long de leur congé maternité des indemnités journalières proportionnelles à leur revenu, il en va bien différemment des femmes freelances. L’indemnité des travailleuses indépendantes ne tient pas compte de leurs revenus. Ainsi, que votre activité vous rapporte d’ordinaire un revenu mensuel de 6000 euros ou que vous ne touchiez que 1000 euros, vous serez indemnisées au même tarif…

 

Quelles indemnités pour mon congé maternité ?

C’était la promesse de campagne tweetée par Emmanuel Macron en 2017 : « je veux un congé maternité garanti pour toutes les femmes, quel que soit leur statut (salariée, entrepreneuse, intermittente, non-salariée, statut multiple, etc.…), aligné sur le régime le plus avantageux ». Si un premier pas a été franchi avec l’allongement de la durée du congé maternité, il reste encore du chemin à parcourir quant aux indemnités…

 

L’allocation forfaitaire de repos maternel

Dès lors que vous partez en congé maternité, vous allez bénéficier du versement d’indemnités par la caisse primaire d’assurance maladie (CPAM). La première, prend la forme d’une allocation forfaitaire appelée : « l’allocation forfaitaire de repos maternel ». Cette allocation spécifique aux travailleuses indépendantes a pour but de compenser la diminution de votre activité à l’approche de l’accouchement.

Cette allocation correspond au forfait unique de 3 428 euros versé en deux fois : un premier versement de 1 714 euros au 7ème mois de votre grossesse et un deuxième versement identique après l’accouchement.

Pour en bénéficier, vous devez être affiliée depuis un minimum de 10 mois à la CPAM et justifier d’un revenu annuel moyen supérieur à 3 919 euros sur les trois dernières années. Il vous faudra bien sûr adresser à la sécurité sociale quantité de paperasse : déclaration de grossesse, certificat d’arrêt de travail, la feuille d’examen prénatal du 7ème mois, votre certificat d’accouchement et votre déclaration sur l’honneur attestant de l’interruption de votre activité…

 

Les indemnités journalières et forfaitaires

C’est là que le bât blesse pour les femmes freelances. Contrairement aux femmes salariées, les indemnités journalières versées par la sécurité sociale ne prennent pas en compte le montant de vos revenus. Ces indemnités journalières sont forfaitaires. Et le forfait est incroyablement bas puisqu’il correspond à 1/730 du plafond annuel du SMIC. Autrement dit, vous bénéficierez tout au plus d’une indemnisation de 56,35 euros par jour (y compris les samedi, dimanche et jours fériés), soit un montant maximal de 1577,8 euros par mois de congé maternité. Un montant qui atteint un maximum journalier de 89,03€ pour les femmes salariées, sans compter le complément de revenu souvent pris en charge par l’entreprise. Moralité ? À statut distinct, protection inégale. Il fait meilleur être enceinte lorsqu’on est salariée...

 

Congé maternité en freelance : anticipez pour mieux gérer…

Autre inconvénient pour les femmes freelances, lorsque le départ en congé maternité pointe le bout de son nez, elles sont seules à devoir assumer. Remplacement, information des clients, traitement des emails, tout repose sur leurs frêles épaules… Il va donc falloir an-ti-ci-per !

Absente 8 à 16 semaines : prévenez vos clients

Vous aviez déjà bien des difficultés à vous autoriser des jours de congé ? Déconnecter totalement le temps d’une semaine de vacances était mission impossible ? Alors que sera le congé maternité ?! Cette fois, ce n’est pas une semaine d’absence, mais 8 à 16 semaines d’inactivité qui vous attend. Et ne comptez pas sur bébé pour vous laisser traiter un dossier ou deux à compter de son arrivée. Non, il va falloir prendre les devants !

Fort heureusement, vous disposez naturellement de neuf mois pour vous permettre de vous organiser. Comme une femme salariée qui prévient son employeur, vous pouvez avertir vos clients de votre situation. N’attendez donc pas la veille du congé maternité pour leur annoncer : « rendez-vous dans 112 jours ! » Il y a fort à parier que cela aurait pour effet de les contrarier.

Une fois le premier trimestre passé, vous pouvez annoncer à vos clients récurrents la bonne nouvelle. Profitez-en pour les informer de la date prévue de votre départ en congé maternité. Ainsi, ils n’auront pas l’impression d’être pris de court. Pour ne pas les affoler, apportez leur d’emblée une solution. Vous pouvez proposer de trouver un remplaçant le temps de votre congé maternité ou anticiper avec eux un planning plus espacé. Il y a toujours une solution. L’important, c’est de communiquer en amont…

Après 8 semaines d’arrêt : reprendre en douceur

Dites-vous bien que le congé maternité n’est pas un luxe. Il est fort probable que vous ressortirez épuisée de votre accouchement et qu’il vous faudra du temps pour vous remettre pleinement. Nous ne saurons donc trop vous conseiller de mettre ce temps à profit pour vivre ces moments forts avec votre bébé et (tenter de) vous reposer. Profitez-en aussi pour prendre du recul sur votre activité. Tout congé est propice à la réflexion.

Si certaines femmes apprécient ce temps d’arrêt, d’autres n’ont qu’une idée en tête : retourner travailler. Pour ces travailleuses acharnées, sachez que la loi autorise, à titre expérimental, les femmes freelances à reprendre une activité à temps partiel après la période minimale de 8 semaines d’arrêt complet. De la 9ème à la 12ème semaine de congé maternité, vous avez la possibilité de travailler un jour par semaine. Puis, deux jours jusqu’à la 16ème semaine. Voilà qui devrait aider celles qui le souhaitent à remettre en douceur le pied à l’étrier

Plus de temps avec mon bébé : le congé parental

« Souvent femme varie », dit le dicton. Et ce qui déplaît à l’une, réjouit l’autre. Certaines femmes jugent le congé maternité bien trop limité pour profiter des premiers temps de leur enfant. Si c’est votre avis, sachez qu’il vous reste encore la possibilité de prendre un congé parental. Concrètement, pendant toute la durée de ce congé (1 an renouvelable deux fois pour le premier enfant), vous mettez en sommeil votre activité. Comme les salariées, vous pourrez alors percevoir des aides de la CAF pendant la durée de ce congé (397,21 euros par mois en cas de cessation totale d’activité). Pour celles qui ne l’envisagent pas, d’autres astuces peuvent être mises en place…

 

Femmes freelances : ces astuces à étudier…

Parce que nous ne sommes pas logées à la même enseigne que les femmes salariées, la femme freelance a tout intérêt à envisager différentes solutions de protection complémentaire pour vivre sa grossesse sereinement. On fait le point sur ces coups de pouce…

Grossesse : en quoi ma mutuelle est utile ?

Souvent prise en charge par l’entreprise lorsqu’on est salariée, la mutuelle d’une femme freelance n’est pas un point à négliger. Outre l’indemnisation complémentaire des nombreux rendez-vous médicaux que vous aurez à subir au cours de votre grossesse, la mutuelle vous accompagne jusqu’à votre accouchement et au-delà ! Ainsi, une bonne mutuelle remboursera les honoraires d’accouchement de votre obstétricien et votre chambre particulière à la maternité. Certaines mutuelles prévoient également le remboursement de frais de kiné ou d’ostéopathie, des soins souvent précieux lorsque l’on est enceinte…

Enceinte : la prévoyance peut vous couvrir…

Évidemment, on ne veut pas penser au pire. Vous êtes sur votre petit nuage et nous n’avons aucune envie de vous en faire redescendre. Toutefois, comme le dit cet autre dicton : « mieux vaut prévenir que guérir ». Et c’est à cela que sert une prévoyance santé pour les indépendants. Plus répandue qu’il n’y paraît, la « grossesse pathologique » touche 20% des grossesses chaque année. Rassurez-vous, toutes ces grossesses à la dénomination inquiétante ne sont pas nécessairement dramatiques ! Mais elles impliquent de placer la maman en arrêt de travail. Vous vous souvenez ces mamans qui vous ont raconté être restées « alitées » pendant plusieurs mois avant la naissance de leur bébé… On est en plein dedans ! Alors, même si on ne vous le souhaite pas, mieux vaut être couverte en cas d’arrêt. De ce côté, selon vos cotisations et l’ancienneté de votre contrat de prévoyance, vous pourrez compter sur une bien meilleure indemnisation que celle de la sécurité sociale. À étudier de près…

Portage salarial : freelance, la protection en plus !

Vous l’avez compris, être enceinte en freelance ce n’est pas de tout repos. En plus des désagréments de la grossesse qui sont le lot de toutes les femmes, la travailleuse indépendante sera bien moins indemnisée et aura bien plus de contrariétés que sa voisine salariée. Une situation inégalitaire qui ne cesse d’être dénoncée par les syndicats de travailleurs indépendants.

Si vous êtes optimiste, retenez que les choses bougent puisqu’une réforme du statut des indépendants sera présentée mi-avril par le gouvernement et une grande consultation nationale des freelances est en cours. Vous allez donc avoir voix au chapitre.

Reste que le statut de freelance est loin d’être aligné sur celui de salarié. Et trop de femmes freelances continuent à être privées d’un véritable congé maternité, d’une protection efficace en cas d’arrêt de travail, de congés payés et d’une assurance chômage... Pour en finir avec ces inégalités, de plus en plus de femmes font le choix du portage salarial. Un statut qui gagne à être connu puisqu’il offre les avantages sécuritaires du salariat, cumulés à la liberté et l’autonomie du freelancing…

 

Congé paternité : et les papas freelances ?

On parle beaucoup des mamans. Et les papas dans tout ça ? Un papa, ou un coparent, a lui aussi le droit d’être présent à l’accouchement et participer aux joyeux (et épuisants) moments qui accompagnent l’arrivée de bébé. Bonne nouvelle de ce côté, la durée du congé paternité a, elle aussi, bénéficié d’un allongement. Initialement le congé paternité était de 11 jours pour un enfant et de 18 jours pour une naissance multiple, auquel s'ajoutent 3 jours de congé de naissance. Mais, à compter du 1er juillet 2021, sa durée est doublée ! Les 11 jours deviennent 22 jours, auxquels s’ajoute les 3 jours de congé de naissance : soit un total de 25 jours de congé. Et cette bonne nouvelle s’applique à tous : travailleurs indépendants, comme salariés ! Mesdames, vous allez avoir du renfort à l’arrivée de votre bébé…

 

Conclusion

Alors, verdict ? Enceinte en freelance : bonne ou mauvaise nouvelle ? Quoi qu’on en dise, cet événement est et restera une incroyable nouvelle. Que l’on soit freelance ou salariée, cette période inédite nous réserve bien des surprises, de grands chamboulements et de vives émotions. Une situation qu’il est évidemment préférable de traverser dans un cadre confortable qu’est celui du salariat ou du portage salarial. Plus protégée et accompagnée, il ne fait aucun doute que vous aborderez cet événement plus sereinement…

Gabrielle de Loynes

A propos de Gabrielle de Loynes

Rédactrice Print - Web et Photographe Freelance, je rédige des articles et des reportages pour la presse et les entreprise. Mes sujets de prédilection sont les nouveaux modes de travail, l'écologie, le lifestyle et la spiritualité