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Généralisation du télétravail et TJM

Ainsi que le rappelle Port-Up dans l’une de ses fiches métiers dédiée à la fixation du TJM les TJM que peut fixer un freelance varient selon la localisation et le marché local. A vrai dire les écarts peuvent être relativement importants en fonction du marché local. La plateforme Malt affiche par exemple des TJM pour des développeurs full-stack qui varient de 380 (moyenne toute technologie, toute séniorité à Bordeaux) à 506 euros (moyenne toute technologie, toute séniorité à Paris) en fonction de la localisation du freelance.

généralisation du télétravail et tjm

Or, cette donne peut être amenée à changer. En effet, le télétravail pourrait devenir partie intégrante de la « Nouvelle Normalité ». Le télétravail n’est pas vraiment inconnu des freelance. Mais ce qui a changé se situe ailleurs. Ainsi que l’ont exprimé lors du séminaire « Les premières leçons de la crise du COVID » organisé par la société BDO, Frédéric Fayan-Roux (avocat spéciaisé en droit du travail dans la société BDO) et Lionel Prud’homme (directeur des écoles IGS-RH et LISPE), les managers ont également pris goût au télétravail et en perçoivent désormais mieux les avantages. Ainsi le groupe PSA a fait du télétravail la règle pour ses activités péri-productives.

Or, la généralisation du télétravail pourrait avoir un impact géographique conséquent. D’après la capsule hebdomadaire L’Eco de France culture, les conséquences d’une telle généralisation du télétravail seraient doubles.

  • En faisant plus de place au télétravail, les entreprises pourraient réaliser de substantielles économies sur les loyers et le coût d’entretien des locaux. L’agilisation des locaux verrait par exemple les freelances travailler à distance et ne venir chez le client que quelques jours par mois.
  • Des tiers-lieux tels que les espaces de coworking pourraient se multiplier dans les villes moyennes.

D’où l’intérêt de la presse généraliste pour ces développements. Le Point a ainsi publié un classement des villes où il fait bon télétravailler. Réalisé par France Attractive, ce classement prend en compte, outre la couverture 4G, des critères tels que le nombre de grands appartements disponibles (selon la logique qui voudrait que des appartements plus spacieux soient mieux adaptés au télétravail), le trafic ferroviaire, la présence d’espaces verts ainsi que des indicateurs écosystémiques tels que le nombre d’indépendants et d’auto-entrepreneurs. Notons que la présence de tiers lieu n’est pas prise en compte, ce qui est dommage. Au total, le classement est divisé en deux avec les métropoles régionales d’un côté et les villes moyennes de l’autre. Parmi les grandes villes, Lille, Bordeaux, Lyon, Nantes, Strasbourg, Grenoble, Douai-Lens, Rennes, Orléans et Toulouse se classent de la première à la dixième place. Tandis que, pour les métropoles, ils ‘agit respectivement de La Rochelle, Pau, Angoulême, Calais, Valence, Arras, Lorient, Vienne, Perpignan et Cluses.

Le télétravail induit donc une vraie révolution de la géographie économique française. En effet, la France est caractérisée par la concentration de l’activité en Ile de France. La généralisation du télétravail pourrait faire une part plus belle aux métropoles régionales et aux villes moyenne inverserait cette tendance historique.

On peut dès lors envisager ce que cela peut signifier pour les freelances. Sachant qu’il est désormais possible de quitter la région parisienne, le télétravail permettant de sortir de l’obligation de résider près du lieu de travail, vous souhaiterez peut-être vous relocaliser pour :

  • L’accès à un meilleur confort de vie : ceux d’entre vous qui vivent leur installation en Ile de France comme un mal nécessaire, pourront profiter de l’acceptation plus grande du télétravail par les entreprises pour se relocaliser en province.
  • L’accès à de nouveaux clients : les freelances de province pourront accéder aux clients franciliens tandis que les freelance d’Ile-de-France pourront élargir leurs portefeuille de clients en prospectant en province.

Ultime conséquence, le télétravail pourrait remettre en question la pertinence des TJM locaux. De la même façon que le chemin de fer avait réduit les écarts des prix entre les régions au XIX° siècle, la généralisation du télétravail pourrait réduire les écarts régionaux de TJM.

Mathieu GIACOMO

A propos de Mathieu GIACOMO

Je suis historien de formation. Quand je vis une situation de bouleversements, telle que celle que nous traversons actuellement, un coin de mon cerveau se creuse et se demande s’il n’y a pas de précédent. J’espère ne pas me tromper en pensant que, d’ores et déjà, l’épidémie à Coronavirus COVID-19 n’aura pas la mortalité de la Peste Noire des années 1340. Je sais aussi que nous ne sommes pas, contrairement aux Irakiens, aux Afghans ou aux Syriens (pour ne citer qu’eux) et avant eux aux Athéniens des années 430 avant notre ère, confrontés à la fois au fléau de la guerre et à celui de la maladie. La douleur et l’angoisse ne se relativisent pas en se disant que c’était pire avant ou que c’est pire ailleurs. Chaque société, à chaque époque, vit ses épreuves à sa propre échelle. Ici aussi, certains ont perdu des proches tandis que d’autres luttent pour leur vie sous des respirateurs artificiels. Ici aussi on souffre et tous doivent s’adapter à une situation inquiétante et incertaine. Se dire que c’était pire avant ou que c’est pire ailleurs ne consolera personne. Mais, il est difficile de ne pas voir que le moment nous marquera durablement. Raison de plus pour nous poser et réfléchir un peu, prendre de la hauteur, non pour relativiser mais pour se préparer à ce moment où la vie reprendra son cours vers des joies nouvelles mais aussi d’autres épreuves. Je vous propose donc de nous demander si par hasard, il n’y a pas quelque enseignement à tirer des grandes épidémies qu’a affrontées l’Humanité ?