<img height="1" width="1" style="display:none" src="https://www.facebook.com/tr?id=212195522864981&amp;ev=PageView&amp;noscript=1">

Résultats enquête freelancing Malt - BCG

austin-distel-mpN7xjKQ_Ns-unsplash 1

Le 15 juillet, Malt, plateforme de mise en relations entre freelances et clients, a dévoilé lors d’un Webinar les résultats de l’enquête annuelle que le Boston Consulting Group a mené auprès des usagers de la plateforme.

 

Avec les précautions de rigueur en matière de représentativité des réponses (un peu plus de 2000 réponses sur plus de 200 000 utilisateurs affichés par la plateforme), cette enquête est toujours bienvenue pour saisir le monde toujours changeant et mouvant du freelancing. D’autant plus que cette année, a été intégrée à l’enquête la manière dont les freelances avaient vécu la période du COVID et du confinement.

 

Sur le plan du profil, les résultats sont à peu près constants au regard des enquêtes précédentes.

  • Les métiers du web restent prédominants. Parmi eux, les métiers tech et data représentent 28 % des freelances et les activités de project manager et coach agile 8 %. Cette forte représentation des métiers IT est conforme à la part importante que prennent les freelances dans ces postes (environ 25% de l’emploi IT). On peut d’ailleurs noter que ce groupe se singularise par son âge et par la durée (plus importante) des missions, généralement uniques alors que de nombreux freelances Malt exercent souvent plusieurs missions en même temps.
  • Sur le plan du statut juridique, l’écrasante majorité des freelances Malt ont un statut d’autoentrepreneur. Seuls 8 % d’entre eux font appel au portage salarial. La population des portés se singularise d’ailleurs par son âge un peu plus élevé et par une période plus longue de salariat. Il est clair que les freelances portés cherchent à optimiser les atouts de l’expérience freelance du point de vue de la liberté et la sécurité liée à la régularité du salaire.
  • La structure par âge demeure composite, mais avec un âge moyen de 37 ans, on continue à être loin de l’image du jeune freelance précaire et faisant le choix du freelancing par défaut, faute de contrat plus pérenne. La majeure partie des freelances ont fait le choix du freelancing au pic de leur employabilité.
  • Le ratio hommes/femmes continue à être déséquilibré avec un rapport de 74 à 26. La concentration des hommes dans les métiers IT les mieux rémunérés est encore plus forte. Cela a pour conséquence un déséquilibre en termes de salaire: les salaires des hommes demeurent supérieurs de 17 % à ceux des femmes (15 % dans la population active).
  • En termes de temps de travail, on n’est loin de l’image du freelance se la coulant douce sur la plage. Le temps de travail moyen est comparable à celui des cadres (43 heures hebdomadaires). Ce qui change pour le freelance, c’est qu’il peut prendre du temps pour se former. La formation représente en effet 10 % du temps de travail d’un freelance. Ce temps est nécessaire par le fait que les Freelances doivent sans cesse s’ajuster aux demandes des clients, il s’inscrit également dans le besoin de développement personnel inhérent aux freelances.
  • Sur le plan géographique, les missions tendent à se concentrer dans les pôles d’activité. 55 % des freelances français travaillent en Ile de France. D’un autre côté, 59 % des freelances travaillent en majorité depuis chez eux et 13 % dans des espaces tiers, ni maison, ni bureau tels que des espaces de co-working. Il peut cependant être envisagé (et cela a été fait dans un article précédent) que la généralisation du télétravail bouscule ces répartitions et aboutisse à une séparation encore plus nette entre les résidences du freelances et la domiciliation de son ou ses clients.

 

Sur le plan de l’impact du COVID, l’enquête met bien en valeur les singularités du travailleur freelance dans la manière dont la crise a été vécue.

  • Les freelances étaient mieux préparés au confinement et l’ont mieux vécu. Ils sont 78 % a avoir très bien vécu ou bien vécu cette période qui a constitué un choc pour une grande partie de la main d’œuvre salariée.
  • Du côté business, la situation n’a pas été sans conséquences: 72 % des freelances Malt ont vu au moins une mission s’annuler. Globalement, les freelances spécialisés tech et data ont été moins touchés : généralement employés dans des missions uniques pour des organisations solides, ils étaient moins vulnérables. Par ailleurs, les signaux récents sont plutôt positifs : au cours du mois de juin, la plateforme a retrouvé son niveau de mission d’avant le confinement.
  • La crise n’a pas abouti à une remise en cause du choix de se freelancer. Ainsi que nous le constatons à PORT-UP à travers la participation à nos webinars ou aux demandes de contact et de brochures, la crise a amené de nombreux salariés à envisager un passage au freelancing. Du coté des freelances, les principales motivations sont liées au choix du lieu de travail, des missions, d’utiliser son temps. Du côté des clients, les besoins demeurent : face aux difficultés de recruter, l’emploi de freelances répond à des besoins de personnel formé à des compétences spécifiques.
  • Enfin, l’ultime enseignement de la crise plaide définitivement en faveur des freelances. Lors de la crise, les travailleurs freelances ont fourni une expertise précieuse en matière de passage au télétravail. Ils ont été également permis aux entreprises de transformer leurs pratiques digitales à travers la mise en œuvre des méthodes de travail nouvelles, en particulier les méthodes Agile. Les freelances ont ainsi été souvent les évangélistes des nouvelles méthodes de travail.

En conclusion, l’étude Malt prouve qu’au même titre que l’IA ou la Robotisation, le développement du travail indépendant participe des révolutions actuelles du travail. C'est une tendance de fond, éprouvée par la crise du covid19, qui progresse au gré de la conjoncture plus ou moins favorable. C’est dans ce contexte que le portage salarial est une solution soit intermédiaire (pour se freelancer à fond, ensuite...), soit proposer les avantages du salariat et du freelancing à moindre coût.

 

Mathieu GIACOMO

A propos de Mathieu GIACOMO

Je suis historien de formation. Quand je vis une situation de bouleversements, telle que celle que nous traversons actuellement, un coin de mon cerveau se creuse et se demande s’il n’y a pas de précédent. J’espère ne pas me tromper en pensant que, d’ores et déjà, l’épidémie à Coronavirus COVID-19 n’aura pas la mortalité de la Peste Noire des années 1340. Je sais aussi que nous ne sommes pas, contrairement aux Irakiens, aux Afghans ou aux Syriens (pour ne citer qu’eux) et avant eux aux Athéniens des années 430 avant notre ère, confrontés à la fois au fléau de la guerre et à celui de la maladie. La douleur et l’angoisse ne se relativisent pas en se disant que c’était pire avant ou que c’est pire ailleurs. Chaque société, à chaque époque, vit ses épreuves à sa propre échelle. Ici aussi, certains ont perdu des proches tandis que d’autres luttent pour leur vie sous des respirateurs artificiels. Ici aussi on souffre et tous doivent s’adapter à une situation inquiétante et incertaine. Se dire que c’était pire avant ou que c’est pire ailleurs ne consolera personne. Mais, il est difficile de ne pas voir que le moment nous marquera durablement. Raison de plus pour nous poser et réfléchir un peu, prendre de la hauteur, non pour relativiser mais pour se préparer à ce moment où la vie reprendra son cours vers des joies nouvelles mais aussi d’autres épreuves. Je vous propose donc de nous demander si par hasard, il n’y a pas quelque enseignement à tirer des grandes épidémies qu’a affrontées l’Humanité ?